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Dossier 02 / 06

Coût du kilowattheure et rentabilité : le calcul honnête

Le prix de l'électricité est la seule variable que l'on connaît d'avance. Dossier éditorial et informatif : ni prévision de cours, ni conseil d'investissement.

≈ 5 200 € d'électricité par an à 0,20 €/kWh

Avertissement de méthode : ce dossier est strictement éditorial et informatif. Il ne contient aucune prévision de cours, aucun seuil de rentabilité, aucune recommandation d'achat ou de vente — ni de matériel, ni d'actif numérique. Son objet est plus modeste et plus durable : montrer comment le prix du kilowattheure structure n'importe quel calcul de rentabilité, et pourquoi c'est la seule variable que l'on connaît d'avance.

Une équation à deux moitiés, dont une seule est stable

La rentabilité d'une activité de minage oppose des recettes et des dépenses. Côté recettes, tout est mouvant : le cours de l'actif varie chaque minute, la difficulté du réseau se réajuste en permanence, la récompense par bloc diminue par paliers programmés. Côté dépenses, un poste écrase tous les autres et, lui, se lit sur un contrat : l'électricité. C'est pour cette raison que les analyses sérieuses raisonnent en coût électrique par kilowattheure, et non en gains espérés.

Le calcul de référence, posé une fois pour toutes

Reprenons la machine type du dossier précédent : 3 kW appelés en continu, soit environ 26 300 kWh par an avant pertes annexes. En France, le tarif résidentiel réglementé se situe, ordre de grandeur, autour de 0,20 € TTC le kilowattheure. La multiplication est sans appel :

  • 26 300 kWh × 0,20 € ≈ 5 260 € d'électricité par an pour une seule machine ;
  • soit environ 14,40 € par jour, qu'il y ait des recettes ou non ;
  • et chaque centime de plus sur le kWh ajoute environ 263 € par an à la note.

Cette dernière ligne est la plus instructive : la sensibilité au prix du kilowattheure est linéaire et massive. Entre un kilowattheure à 0,20 € et un kilowattheure industriel négocié deux fois moins cher, l'écart annuel dépasse 2 500 € par machine — souvent davantage que la valeur résiduelle de la machine elle-même après quelques années.

Pourquoi le minage migre vers l'électron le moins cher

Ce même calcul, appliqué à des milliers de machines, explique la géographie mondiale du secteur sans recourir à aucune autre hypothèse. Les fermes s'installent là où le kilowattheure est structurellement bas : surplus hydroélectriques saisonniers, électricité fatale de torchères, contrats d'effacement où l'exploitant s'engage à couper ses machines aux heures de pointe contre un tarif préférentiel. À l'inverse, un tarif résidentiel européen place mécaniquement l'activité parmi les plus coûteuses au monde. Ce n'est ni une opinion ni une prédiction : c'est une soustraction.

Les coûts que le kilowattheure ne couvre pas

Un calcul complet ajoute trois postes au poste électrique. L'amortissement du matériel d'abord : une machine perd de sa compétitivité à mesure que des générations plus efficaces arrivent, indépendamment de son usure physique. La maintenance ensuite : ventilateurs, alimentations et nappes sont des consommables. L'infrastructure enfin : ligne électrique dédiée, protections, ventilation, éventuellement local. Aucun de ces postes ne change la hiérarchie : sur la durée de vie d'un équipement, l'électricité représente la majorité du coût total dès que le kilowattheure dépasse quelques centimes.

Ce qu'un lecteur peut légitimement faire de ces chiffres

Notre position éditoriale est constante : ces ordres de grandeur servent à comprendre un système, pas à décider d'y engager de l'argent. Si vous croisez un contenu qui vous promet un revenu en euros par jour pour une machine donnée, vérifiez trois choses : le prix du kilowattheure retenu, la prise en compte des pertes annexes, et la date du calcul. Dans la grande majorité des cas, l'un des trois manque — et c'est précisément là que la promesse se loge. Le kilowattheure, lui, ne promet rien : il se facture.

Questions sur ce dossier

Pourquoi ne publiez-vous aucun seuil de rentabilité ?

Parce qu'un seuil de rentabilité dépend de deux variables que personne ne contrôle : le cours de l'actif miné et la difficulté du réseau, qui évoluent en permanence. Tout chiffre publié serait périmé avant d'être lu, et fonctionnerait en pratique comme une incitation déguisée. Nous documentons la seule moitié stable de l'équation : le coût électrique.

Quel écart réel entre heures pleines et heures creuses ?

Sur une option heures creuses résidentielle française, l'écart entre les deux tarifs est typiquement de l'ordre de 25 à 30 % du prix du kilowattheure de pointe. Pour une charge qui tourne 24 h/24, seules les 8 heures creuses quotidiennes en profitent : le prix moyen pondéré baisse donc d'environ un tiers de cet écart, ce qui reste loin d'un kilowattheure bon marché.